CFO désigne le courant fort — l'électricité de puissance d'un bâtiment. CFA désigne les courants faibles — les systèmes d'information et de communication (réseau, sécurité, téléphonie). Un projet CFA/CFO complet combine les deux. Mais derrière chaque acronyme se cachent des décisions concrètes qui influencent le coût, la conformité et la durée de vie de votre installation. Voici ce que chaque terme signifie vraiment — pas comme dans un manuel, mais comme sur un chantier.
CFO — courant fort : ce que ça implique vraiment
TGBT (Tableau Général Basse Tension) — c'est le cœur électrique du bâtiment, le point où l'alimentation Sonelgaz entre et se distribue vers tous les circuits. Son dimensionnement n'est pas une formalité : sous-dimensionner un TGBT, c'est garantir un disjoncteur qui saute le jour où tout fonctionne en même temps. Sur-dimensionner, c'est payer pour une capacité qu'on n'utilisera jamais. Le juste dimensionnement vient d'un bilan de puissance sérieux.
Bilan de puissance — le calcul qui précède tout le reste. Il recense chaque équipement, sa consommation réelle (pas nominale), et le scénario de charge simultanée le plus défavorable. C'est lui qui détermine la taille du tableau, le câble de branchement, et la capacité de l'onduleur ou du groupe électrogène si la redondance est nécessaire.
Délestage — la coupure automatique des circuits non prioritaires en cas de surcharge ou de fonctionnement sur groupe électrogène. Dans un hôtel, on déleste les prises de service avant de délester l'éclairage des couloirs. Dans une clinique, on déleste l'éclairage général avant de toucher au bloc opératoire. L'ordre de délestage se programme — et il doit être pensé avant le chantier, pas improvise après.
Mise à la terre et liaisons équipotentielles — le dispositif qui protège les personnes et les équipements contre les défauts d'isolement. Dans un établissement de santé où des équipements sensibles sont branchés à des patients, c'est une obligation réglementaire stricte. Dans un datacenter, c'est ce qui protège les serveurs contre les décharges électrostatiques.
CFA — courants faibles : ce que ça implique vraiment
VDI (Voix-Données-Images) — le câblage structuré qui porte à la fois le réseau informatique, la téléphonie IP et la vidéo. Quand on parle de câblage catégorie 6A, c'est du VDI. La qualité du VDI détermine la performance du réseau pour les 15 prochaines années : un câblage sous-dimensionné aujourd'hui bride des équipements qui n'existent pas encore.
SSI (Système de Sécurité Incendie) — distinct de la vidéosurveillance, souvent confondu à tort. Le SSI comprend la détection (fumée, chaleur, gaz), l'alarme (déclencheurs manuels, sirènes) et la mise en sécurité (désenfumage, portes coupe-feu). C'est une obligation réglementaire pour les établissements recevant du public.
Contrôle d'accès — la gestion des accès physiques par badge, biométrie ou code. Il se coordonne avec la vidéosurveillance sans être le même système. Un badge qui ouvre une porte peut simultanément déclencher l'enregistrement d'une image — mais ça demande une intégration pensée dès l'étude.
GTB / Domotique — la gestion technique du bâtiment : pilotage centralisé de l'éclairage, de la climatisation, des volets. Dans un hôtel, c'est ce qui coupe le climatiseur quand la chambre est vide. Dans un siège d'entreprise, c'est ce qui ajuste l'éclairage selon la luminosité naturelle. La GTB n'est pas un gadget — c'est une réduction mesurable de la facture énergétique.
Deux termes qui créent des confusions dans les appels d'offres
"Interphonie" est souvent confondu avec "contrôle d'accès". L'interphonie permet la communication (voir et parler) — le contrôle d'accès permet ou refuse l'entrée. Les deux peuvent être combinés sur la même borne, mais ce sont deux fonctions distinctes avec des contraintes d'installation différentes.
"Domotique" est souvent confondu avec "réseau informatique". La domotique pilote des actionneurs physiques (prises, relais, moteurs de volets) — le réseau informatique transporte des données. Les deux coexistent dans le même bâtiment mais sur des protocoles différents. Confondre les deux dans un cahier des charges produit des offres que vous ne pouvez pas comparer.
Ce que ce vocabulaire change dans un appel d'offres
Un prestataire qui répond à un lot "VDI" sans mention de la catégorie de câblage peut livrer du Cat.5e là où vous attendiez du Cat.6A. Un prestataire qui répond à un lot "sécurité" sans distinction entre SSI et vidéosurveillance peut inclure l'un et exclure l'autre. La précision du vocabulaire dans le cahier des charges n'est pas de la technique pour la technique — c'est ce qui rend les offres comparables et les marchés défendables.
Questions fréquentes
Faut-il séparer le lot CFA du lot CFO dans un marché public ?
Oui. Ce sont deux métiers distincts avec des référentiels normatifs différents. Les regrouper dans un seul lot rend l'évaluation des offres plus difficile et les responsabilités moins claires en cas de litige.
Qu'est-ce que la "certification FLUKE" dont parlent certains prestataires ?
C'est le test de conformité d'une installation de câblage réseau, réalisé avec un appareil de mesure certifié. Il vérifie que chaque prise respecte les paramètres de la norme ISO/IEC 11801 (atténuation, diaphonie, longueur). Sans ce test, vous avez un câblage posé — pas un câblage certifié.
Le décret 09-410 s'applique-t-il à la domotique ?
Non, directement. Le décret 09-410 concerne la vidéosurveillance. Mais une installation domotique qui intègre des caméras tombe dans son périmètre pour la partie vidéo.
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